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Education à la sexualité auprès des adolescents – Le Monde – 1er juin 2018

11 décembre 2018 de admin | 0 Commentaires

Education à la sexualité :
« Ça vous ferait quoi, à vous, si une fille a plusieurs amoureux ? »

Depuis une quinzaine d’années, des séances dans les collèges permettent de mettre en débat les notions d’intimité, d’écoute, de respect, de consentement.

« Est-ce compliqué, quand on a 13 ans, de nouer des relations avec les filles ? » Les neuf élèves de 4e à qui Christine Héritier, conseillère conjugale et familiale rattachée au centre de planification des Bluets-Trousseau (12e arrondissement de Paris), pose la question ce vendredi de la fin mai, ne voient pas trop où réside le problème. C’est avec une franchise désarmante que ces jeunes de 13 à 15 ans, pour qui la vie sexuelle en est encore, le plus souvent, au stade de la projection, répondent par la négative. Comptent et recomptent les filles qui leur plaisent. Se traitent de « tombeurs », de « polygames »…

Au côté de Christine Héritier, une surveillante du collège intervient pour rappeler aux adolescents qu’ils ne sont pas là pour parler d’eux mais des relations affectives « en général ». C’est tout l’objet de ces séquences d’éducation à la sexualité inscrites dans la loi depuis plus d’une quinzaine d’années (à raison de trois séances par an et par classe d’âge), mais dont encore un quart des établissements environ, selon le Haut Conseil à l’égalité, ne s’empare pas.

« J’aurais la haine »

Dans ce collège de ZEP de l’Est parisien, dont les élèves, pour beaucoup issus de l’immigration, ne parlent pas de « ça » en famille, l’enjeu est de taille. Et les neuf garçons l’ont bien compris : sur la procréation, la contraception, la puberté, ils sont « calés », reconnaît l’intervenante. Sur tout ce qui touche à la relation amoureuse, ils ont plus de mal à s’entendre.

« Le garçon peut, dans sa tête, ne pas se sentir en couple, et la fille, oui », suggère Mourad, 14 ans. « L’inverse est vrai, aussi, souffle Christine Héritier. Ça vous ferait quoi, à vous, si une fille a plusieurs amoureux ? » « J’aurais la haine », répond spontanément Kilian. « J’aurais envie de la baffer », renchérit Karim. « Se venger » : le mot résonne parmi les garçons (les filles suivent leur propre séquence dans une autre classe), sans qu’on sache précisément qui l’a lâché.

Les anecdotes s’enchaînent. « Si la fille a envoyé des photos d’elle, on peut les mettre sur les réseaux sociaux », propose Karim. « Comme ça tous le monde les voit, même ses amis, même sa mère », abonde Mourad. « Se venger d’une tromperie, on peut en avoir envie mais savoir se retenir de le faire, reprend Christine. Vous en pensez quoi, vous autres ? » Une partie des garçons estiment la vengeance justifiée. Même Kilian, qui a pourtant en tête « l’histoire d’une fille qui, après diffusion d’une vidéo, s’est mutilée ». « Je n’ai pas compris pourquoi ; ça sert à quoi, alors, de se filmer ? »

L’échange, dans toute sa spontanéité, permet de mettre en débat les notions d’intimité, d’écoute, de respect, de consentement. Des termes élevés au rang de principes sur lesquels la société met l’accent « en exigeant de sa jeunesse qu’elle soit capable de les mettre en mots et en pratique, alors que c’est déjà tellement difficile entre adultes », relèvent-elles en aparté.

Demander à une jeune fille s’ils peuvent l’embrasser ou « aller plus loin » laisse en tout cas ces jeunes garçons sans voix. « Si une fille me posait la question, je trouverais ça bizarre », confie Adam. « Sauf si elle est moche ! », rigolent ses camarades. « N’oubliez pas que ne pas avoir envie et ne pas oser le dire, ça arrive pourtant souvent, conclut Christine Héritier. Parce qu’on peut être surpris, gêné, pas prêt… Parce que le désir est fluctuant. »

Par Mattea BattagliaPublié le 01 juin 2018 à 10h47 –

Lire l’intégralité de l’article : (site du Monde)→

Education à la sexualité auprès des adolescents – Journal Le Monde – 25 avril 2018

26 avril 2018 de admin | 0 Commentaires

Education à la sexualité : « De “ça”, on ne parle pas… à moins d’être mariée ! »
Dans les collèges et les lycées, des séances avec conseillers familiaux et infirmières scolaires tentent de casser les stéréotypes sexistes et de lever les nombreux tabous.

Pupils take part in the first written test in philosophy as part of the Baccalaureat (France’s high school diploma) at a school in Paris on June 15, 2017. / AFP PHOTO / Martin Bureau

Quand Christine Héritier demande « Et le consentement, ça vous parle ? », la réaction des collégiens et des lycéens qu’elle encadre lors de séances d’éducation à la sexualité est souvent la même : « Madame, c’est quoi, le consentement ? » Puis, une fois que la conseillère conjugale et familiale rattachée au centre de planification des Bluets-Trousseau (Paris 12e) explique que « c’est la possibilité de dire non, ou oui, à une relation amoureuse ou à une proposition », la réponse des adolescents fuse : « Ben, c’est pas compliqué, pour dire non, il suffit de dire non ! »

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